La lumière en question(s) #4 :
La lumière et le son à la scène, liens et interactions.
Les débats qui ont eu lieu pendant la journée de rencontres du 26 juin dernier à l’Ensatt à Lyon sont désormais en ligne. Vous pouvez les regarder en suivant le lien vers la chaîne YouTube de l’UDS ou bien vers les liens de chaque intervention.
Une journée de rencontres organisées à l’Ensatt à Lyon le 26 juin 2026, en collaboration avec l’Ensatt, l’Université de Lille – Lumière de Spectacle – CEAC et l’Université lumière Lyon 2
Partenaires : Robert Juliat, Blackout, Walder, Paradis décors
Réalisation de la captation vidéo : Baptiste Duval
© UDS – 2026 – tous droits réservés
https://www.youtube.com/@UniondesScénographes
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Introduction et présentation de la journée
1 – Introduction par Leyla-Claire RABIH, directrice de l’Ensatt
Présentation de la journée par Christine Richier, Éric Benoît, et François Weber
Parmi les différents composants de la représentation, la lumière et le son sont les plus intangibles mais aussi les plus efficients sur la perception sensible du spectateur. Quels sont les liens et interactions qui les unissent dans la construction du spectacle vivant ? Comment l’écriture du visuel et celle du sonore se croisent et s’entremêlent ? Cette journée d’étude donne la parole à des hommes et femmes qui se sont attachés à les penser ensemble : artistes, chercheurs, créateurs, et praticiens de la scène venus partager leurs recherches et travaux au fil de différentes communications et tables rondes.
Christine Richier, créatrice lumière, est co-directrice du département Lumière de l’ENSATT où elle enseigne l’histoire et la dramaturgie de la lumière, membre de l’Unité de Recherche PASSAGES XX-XXI où elle mène des recherches en histoire de l’éclairage scénique.
Elle est l’autrice d’une histoire de l’éclairage scénique : « Le Temps des flammes » (Éditions AS, 2012) ainsi que de nombreux articles.
2/12 Voir le son, entendre la lumière
Voir le son, entendre la lumière
2 – Voir le son, entendre la lumière par Violaine Anger :
« Entendre la lumière », cette expression mystérieuse sonne comme un programme de recherche. À l’origine, Apollon, dieu du soleil et de la lumière, crée la lyre à quatre cordes.
Violaine Anger est maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l’université d’Évry et à l’École polytechnique où elle enseigne la musicologie et l’esthétique musicale. Ses recherches en cours portent sur les relations entre le langage, la langue et la musique. Elle est membre du groupe POLART, du CERCC (Centre d’études et de recherches comparées sur la création), équipe d’accueil 1633, et du projet A.N.R. Musiconis.
Elle est l’autrice du « Sens de la musique » (Presses de la rue d’Ulm, Paris, 2006), ainsi que de nombreux articles.
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Luminariste, lumière et son traité en un flux organique
3 – Luminariste, une création où lumière et son sont traités en interaction en un flux organique et modulable, par Benjamin Nesme et François Weber, créateurs lumière, son et vidéo
Luminariste : nous racontons en lumière des histoires pour l’espace public. La rue est une scène. Créer avec le réel.
Benjamin Nesme propose des installations qu’il qualifie « d’émerveillantes » et pour tous les publics. Après 15 ans au service du spectacle vivant en tant que concepteur lumière et vidéo, il se forme à l’art du vitrail en atelier. Rencontre entre la lumière et le verre, expression des couleurs, force des contrastes : ses créations interpellent par leur technicité !
Benjamin Nesme est aussi le fondateur de Luminariste, qui réunit des personnalités issues de l’architecture et du monde du spectacle. Lors de la Fête des Lumières 2021, le collectif avait signé le spectacle Visions, qui incarnait déjà la dimension artisanale du travail de Luminariste dans son rapport à la lumière. Benjamin Nesme collabore régulièrement avec Marc Sicard, illustrateur et designer. Jérémie Hazael-Massieux et François Weber complètent l’équipe de Cymopolée.
François Weber est réalisateur son et /ou image depuis bientôt 30 ans. De la jeune compagnie aux théâtres nationaux, en France comme à l’étranger, il a eu l’occasion de participer à de nombreux projets dans des cadres très différents. Il a notamment collaboré avec Pierre Orma, Claude Bokhobza, Colette Froidefont, Odile Darbelley & Michel Jacquelin, Didier Bezace, Filip Forgeau, Florence Lavaud, Thomas Quillardet, Célie Pauthe… Si la création occupe la majeure partie de son emploi du temps, sa passion pour le théâtre, sa maîtrise des outils technologiques l’ont conduit vers la formation et la recherche. Enseignant à l’ENSATT ou collaborateur à des projets de recherche (Virage, OSSIA), c’est son grand intérêt pour la scène, la dramaturgie et la scénographie qui le guide à travers toutes ces expériences.
4/12 Les processus de composition de lumière et musique
Les processus de composition de lumière et musique
4 – Réflexions sur les processus de composition d’œuvres de lumière et musique, par Charlotte Beaufort, artiste plasticienne
Charlotte Beaufort est artiste et chercheure française. Ses œuvres (installations in situ, sculptures, projections) ont pour matériaux la lumière, l’espace, le temps. Elle oriente sa recherche plastique vers la production d’un « art du phénomène ». Elle explore notre relation physique et psychique à l’espace et au temps en travaillant la plasticité de la lumière.
Diplômée de l’École Supérieure d’Art Dramatique du Théâtre National de Strasbourg, Docteure en Esthétique et sciences de l’art, elle est, depuis 2013, Maître de Conférences en Arts à l’Université de Picardie Jules Verne, Amiens, où elle est membre du Centre de Recherche en Arts et Esthétique (CRAE).
Elle a dirigé trois ouvrages (La lumière dans l’art depuis 1950 [2009 – épuisé], Ambivalences de la lumière [2016], Transparence-Transparaître [2023].
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lien bientôt disponible
5 – Relation lumière et son en danse contemporaine, par Françoise Michel, créatrice lumière
Françoise Michel présente son approche originale à la musique par la lumière à travers plusieurs exemples : « Mille et une danse » de Thomas Lebrun, « Projet de matière » de Odile Duboc / Françoise Michel, « Trois boléros » de Odile Duboc / Françoise Michel.
Françoise Michel est créatrice lumière. Initialement formée en géologie, elle découvre la lumière et la mise en scène lors d’une formation en régie au Théâtre National de Strasbourg sous la direction de Jean-Pierre Vincent. Sa rencontre avec la danse, notamment grâce à Odile Duboc, marque un tournant : elle y voit un terrain où la lumière peut s’exprimer comme une mise en scène à part entière. Leur collaboration, au sein de l’association Contre Jour (fondée en 1983) puis au Centre Chorégraphique National de Franche-Comté (1990-2008), donne naissance à des créations marquantes, comme Thaïs de Massenet en 1999, où elle signe lumière et scénographie. Elle étend ensuite son expertise à des projets variés, travaillant avec des chorégraphes (Accrorap, Daniel Larrieu, Kader Attou, etc.) et des metteurs en scène (Lambert Wilson, Valère Novarina, Yoshi Oïda), tout en continuant à explorer les liens entre lumière, scénographie et narration, aussi bien en danse qu’au théâtre ou à l’opéra.
6/12 Lumière et matière
Lumière et matière
6 – Lumière et matière, par Núria Gimenez-Comas, compositrice
La lumière comme inspiration de matière sonore : envisager cette relation selon différentes perspectives, à travers l’étude de trois œuvres de la compositrice :
Nostalgia for Light, pour orchestre, composée durant la période du confinement, entre en résonance — de manière presque fortuite — avec l’univers de la musique-fiction. Nostalgia 2175 s’ouvre ainsi sur une explosion lumineuse qui agit comme élément fondateur du discours musical.
Mais c’est surtout avec Llum i matèria. Pour Kaija, composée pour l’anniversaire de l’Ensemble Itinéraire en collaboration avec le créateur lumière Christophe Forey, que cette réflexion trouve son plein déploiement : la relation entre lumière et matière s’y réfléchit directement dans la matière sonore elle-même ainsi que dans l’élaboration de la forme musicale.
Núria Giménez-Comas, après des études de piano et de mathématiques, se tourne vers la composition en 2006 à l’Esmuc de Barcelone, où elle explore l’électroacoustique et le timbre sous la direction de Christophe Havel, tout en suivant les enseignements de Helmut Lachenmann, Michaël Levinas et Klaus Huber. De 2010 à 2014, elle approfondit sa formation à Genève (avec Michael Jarrell, Luis Naón et Eric Daubresse) puis à l’Ircam, où elle travaille sur la perception sonore, la synthèse par modèles physiques et la spatialisation 3D (Ambisonics). En 2017-2018, elle participe à une résidence de recherche artistique à l’Ircam et au ZKM, explorant la sculpture spatiale et la synthèse de textures. Ses œuvres, jouées par des ensembles renommés (Quatuor Diotima, Orchestre de Chambre de Genève, Klangforum Wien), mêlent pluridisciplinarité et innovation, comme ses projets récents avec Anne Montfort (Nostalgie 2175, Shadow. Eurydice says). Elle enseigne aujourd’hui l’atelier « In Vivo Théâtre » à l’Académie Manifeste, tout en restant active dans la création contemporaine.
7/12 Création lumière et musique actuelle
Création lumière et musique actuelle
7 – Création lumière pour la musique actuelle, par Charlotte Luzier, créatrice lumière, avec la participation de Christine Richier
Charlotte Luzier, créatrice lumière basée à Lyon, se distingue par son travail pour la musique et le spectacle vivant. Elle a conçu les lumières pour des projets marquants comme Draga aux Nuits de Fourvière et au festival Days Off (2025), Oete au théâtre des Étoiles (2022-2023), ou encore George Ka à la Maroquinerie et au Printemps de Bourges (2025), tout en assurant la pupitrerie pour la tournée « Carnaval » de Lucie Antunes (2023). Son approche artistique allie technique et sensibilité pour sublimer les univers musicaux et scéniques.
8/12 LightRegie, un outil au service de l’écriture de la lumière avec la musique
LightRegie, un outil au service de l’écriture de la lumière avec la musique
8 – LightRegie, un outil au service de l’écriture de la lumière avec la musique, par Philippe Montemont, artiste pluridisciplinaire
Travail pour SALVES de Maguy Marin à la biennale de la danse à Lyon en 2010.
60 BPM 12/12. Tout est là. Maguy Marin rédige le continuum de ses spectacles à la perfection. Comment répondre à la demande de l’artiste ? Comment assurer, au-delà de la Première, une longue vie au spectacle ? Je me réjouis de vous raconter cela, un œil sur le passé et des questions sur la suite…
Philippe Montémont arrive au théâtre par la musique. Pur produit de la formation professionnelle, il se forme au son (qui n’est pas exactement la même chose que la musique…), à la lumière, au plateau. Au Théâtre Fantastique, Éric Benoît lui fait découvrir Max. Il « tombe dedans » !
Il utilisera ensuite Max pour la gestion des conduites son, lumière, vidéo qu’il est chargé de restituer, créant tout d’abord CDRegie puis LightRegie à partir de 1997. Le premier programme qu’il a réalisé est un logiciel de gestion des capteurs dissimulés dans des costumes de clowns transmettant des messages MIDI-HF à un synthétiseur via Max (Cie Théâtre Fantastique, Cybersuite). Un logiciel analogue fut ensuite réalisé pour la compagnie Maguy Marin (Pour Ainsi Dire, 1999) …
Le développement de LightRegie s’est poursuivi jusqu’en 2021. La structure ouverte du logiciel a permis à de nombreuses reprise d’adapter « la technique » à « l’artistique » jusqu’en 2023. Il a fait découvrir Max à des étudiants du CFPTS, de l’ISTS, notamment. Aujourd’hui, Philippe se consacre à l’association NOS YEUX NOS OREILLES (NYNO, nyno.fr ) où il développe des expos vidéo interactives avec Max-Msp-Jitter, Millumin et Mad Mapper.
9/12 Lumière et musique dans l’œuvre de Giorgio Strehler
Lumière et musique dans l’œuvre de Giorgio Strehler
9 – Lumière et musique dans l’œuvre de Giorgio Strehler, par Antonio Palermo, chercheur (CEAC et université de Lille)
Antonio Palermo explique l’utilisation du son et de la musique dans quelques mises en scène de théâtre de Giorgio Strehler (La Cerisaie, Les Bas-fonds, Le Baruffe chiozzotte).
Antonio Palermo a été assistant à la mise en scène pour divers projets de théâtre, danse et opéra, il a soutenu une thèse intitulée « La plasticité de la lumière strehlerienne : de l’émergence à l’affirmation d’une esthétique », sous la direction de Véronique Perruchon. Depuis 2024, il est maître de conférences en Études Théâtrales à l’Université de Lille. Ses travaux de recherche portent sur les interactions entre lumière et espace.
10/12 La place de la partition dans l’écriture de la lumière
La place de la partition dans l’écriture de la lumière
10 – La place de la partition dans l’écriture de la lumière pour l’opéra, par Charlotte Goupille-Lebret, régisseuse de scène et créatrice du podcast « Opéra mon amour » et Christophe Forey, créateur lumière, table ronde animée par Antonio Palermo
La partition à l’opéra, source de référence pour la création lumière et base essentielle de la régie sur laquelle tout s’écrit.
Charlotte Goupille-Lebret, régisseuse de scène d’opéra depuis plus de quinze ans, est une figure engagée pour la démocratisation de l’opéra, qu’elle considère comme un art vivant et joyeux. Formée à la flûte et au théâtre, elle a développé une carrière dans les coulisses du spectacle vivant, tout en mettant en lumière les métiers de l’ombre via son podcast Opéra mon amour et son compte Instagram du même nom. Elle organise également des événements, comme un festival lyrique en Bourgogne, et milite pour changer le récit autour de l’opéra, qu’elle souhaite rendre plus accessible et apprécié du grand public.
Christophe Forey crée les lumières pour de nombreuses productions de théâtre, danse ou opéra. Au théâtre, il travaille avec Robert Gironès (Algérie 54-62 de Jean Magnan), Bruno Boëglin (Roberto Zucco de Koltès), Jean-Marc Bourg, Jean-Claude Berutti, Cédric Dorier. À l’opéra, il collabore régulièrement avec Moshe Leiser et Patrice Caurier, et aussi Lucinda Childs, Gunther Krämer, Judith Lebiez, Jean-Claude Berutti et pour des projets de musique contemporaine avec Benjamin Dupé, Núria Gimenez-Comas à l’Itinéraire ou l’Ircam. Il a longtemps collaboré avec le scénographe Christian Fenouillat, pour le théâtre ou l’opéra.
11/12 Écoconception dans la création lumière et son
Écoconception dans la création lumière et son
11 – Écoconception : vers plus d’écoresponsabilité dans la création lumière et son ? par Frédérique Sarre du Ministère de la Culture.
Frédérique Sarre est inspectrice de la création artistique au Ministère de la Culture, plus précisément au sein de la Direction Générale de la Création Artistique (DGCA), où elle intervient notamment dans le collège danse. Elle a également été responsable de la mission Transformation écologique de la création au Ministère de la Culture, s’engageant pour une approche durable et innovante dans le secteur culturel.
12/12 Penser ensemble la lumière et le son au théâtre
Penser ensemble la lumière et le son au théâtre
12 – Penser ensemble la lumière et le son au théâtre, échanges et conclusion de cette journée de rencontres, débat animé par Véronique Perruchon, chercheuse à l’université de Lille, avec Charlotte Goupille-Lebret, Christine Richier, Christophe Forey, François Weber et les participants dans la salle.
Véronique Perruchon est une professeure des universités en Arts de la scène à l’Université de Lille, où elle dirige un programme de recherche sur la « Lumière de Spectacle ». Elle a une thèse sur le metteur en scène André Engel et a publié l’ouvrage « Noir. Lumière et théâtralité ». Perruchon est également membre du Centre d’Études des Arts Contemporains (CEAC) et a été lauréate de l’Appel STARS EIC – Projet « Rayonnement de la lumière ». Elle a été évaluatrice extérieure pour les demandes de subventions Savoir auprès du Conseil de Recherche des Sciences Humaines (CRSH) du Canada.
INSTALLATIONS INTERACTIVES :
Les participants ont également été invités à découvrir des installations interactives réalisées par les étudiant.es de l’ENSATT des départements Son et Lumière :










